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Henri Grizel : « L’herpès virus, c’est pas nouveau » Quarante ans au chevet des huîtres

Dernière mise à jour le mardi 8 mars 2011

Article paru sur le site "Midi Libre" - Lundi 07 Mars 2011
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Henri Grizel : « L’herpès virus, c’est pas nouveau » Quarante ans au chevet des huîtres

Un virus tel l’Ostreid herpès, auquel sont dues les fortes mortalités d’huîtres sur l’étang, ça débarque comment ?
Il faut demander à Dieu, s’il existe. Ce que l’on sait, c’est que l’herpès est un virus opportuniste, il se manifeste chez les vertébrés comme les invertébrés, profite d’une situation de fatigue, de stress, comme l’herpès que vous pouvez voir apparaître sur votre lèvre. Ça peut être un stress d’ordre psychologique, thermique...

Quand s’est-on aperçu de sa présence ?
Sur l’étang, on en parle vraiment depuis 2007-2008, avec la quasi généralisation des mortalités. Mais dès les années 1990 avaient été constatées des mortalités anormales, par taches. Et l’ herpès virus fut décrit en 1992. Nous l’avions
identifié au laboratoire de La Tremblade.

Quand on cherche à expliquer les ravages de ce virus, on désigne l’huître triploïde (*), les écloseries. Qu’en est-il réellement ?
Ce sont des contre vérités. L’ herpès virus existait avant l’huître triploïde. Et une guerre contre les écloseries est inutile, même si on ne peut nier que des lots contaminés ont été commercialisés.

Quelle analyse faire, alors ?
Ce que l’on sait, c’est qu’entre 2000 et le gros clash de 2007, dans tous les bassins, quatre facteurs ont changé qui, à mon avis, jouent un rôle. D’abord, une multiplication des tranferts inter bassins. Ils ont été nombreux et surtout en toutes saisons. Ensuite une forte augmentation des biomasses avec, aussi, la dynamique de la triploïde. Le marché des consommateurs estivals était là, il fallait y répondre. Par ailleurs, on a noté une augmentation de la production des écloseries, fournissant 25 % des naissains mis en production contre 15 % par le passé. Enfin, la demande ayant été très forte et les écloseurs ne parvenant plus à fournir sur une période déterminée, on s’est mis à ensemencer toute l’année.

Parce que ce n’était pas la règle ?
Non. Il faut se souvenir que, lorsque l’on a commencé à travailler avec les ’gigas’ (la japonaise), on ensemençait uniquement de fin janvier à fin avril. Et encore, les huîtres que l’on immergeait faisaient déjà 1 cm, pas quelques millimètres comme on le voit parfois aujourd’hui.

RECUEILLI PAR PATRICE CASTAN



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