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FRANCE ENERGIES MARINES : de quoi s’agit il ?

Dernière mise à jour le mercredi 3 novembre 2010

Article paru sur le site "Energies de la mer.blogspot.com" - Vendredi 29 Octobre 2010
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FRANCE ENERGIES MARINES : de quoi s’agit il ?

BREST - (France - U.E) - 29/10/2010 - 3B Conseils - Plus l’on avance dans ce que sera le futur paysage français des énergies marines renouvelables et plus l’on voit Brest et la Région Bretagne se positionner comme un acteur déterminant. La session du Conseil régional de Bretagne du 21 et 22 octobre 2010 (intégralité de la session ICI), est venu confirmer ce sentiment en mettant officiellement l’accent sur la place que la Bretagne comptait tenir dans ce domaine. Entre autres projets auxquels elle participe, la Région par le biais de son président Jean-Yves Le Drian, a tenu à rappeler son engagement dans le projet de plateforme technologique nationale sur les énergies marines annoncée par le Président de la République au Havre le 16 juillet 2009 (cf. article du 31/07/2009), et dont le Premier Ministre avait confié le pilotage à Ifremer depuis Brest, le 2 décembre lors du colloque sur l’économie de la mer organisé par le Cluster et Le Marin, puis avaient été validées lors du Comité Interministériel à la Mer du 8 décembre 2009.

A la suite de ces engagements, l’Ifremer a donc réuni et coordonné l’ensemble des acteurs concernés : pôles de compétitivité, industriels, monde de la recherche, établissements publics de l’Etat, collectivités… afin de définir collectivement ce projet national, baptisé« France Energies Marines », qui s’articulera autour de 3 thématiques :
- Le développement de la recherche,
- le développement et la coordination de sites d’essais,
- un centre de ressources et de formation

En accord avec les Ministères de tutelle, l’Ifremer a déposé, avec le soutien de partenaires, le projet « France Energies Marines » en tant qu’« Institut d’Excellence dans le domaine des Energies Décarbonées » (IEED) dans le cadre du grand emprunt pour les investissements d’avenir. Le dossier a déjà fait l’objet d’une première manifestation d’intérêt et donnera lieu à une réponse globale d’ici la fin de l’année 2010. Sa mise en oeuvre est prévue par la Région Bretagne, sur la période 2010-2020, pour un budget global consolidé de l’ordre de 150 M€.
L’organisation juridique et la gouvernance de « France Energies Marines » sont à l’étude afin de formaliser le partenariat public-privé d’ici la fin de l’année. Le Groupement d’Intérêt Public (GIP) est aujourd’hui la piste principale. Ifremer sollicite continue à solliciter les partenaires pressentis sur leur adhésion de principe et la réunion prévue pourrait se tenir dans les 15 prochains jours. La Région Bretagne pourrait y apporter une contribution forte en étant un membre de premier rang de la gouvernance de cette structure.

La Région a aussi renouvelé son soutien aux divers démonstrateurs actuellement en projet dont la construction à l’échelle 1 apparait une phase indispensable pour éprouver les choix technologiques et expérimenter les process de construction. Un appel à manifestation d’intérêt (AMI) a ainsi été lancé au niveau national en 2009 par l’ADEME pour soutenir l’émergence de technologies.

Plusieurs acteurs bretons, soutenus par le Pôle de compétitivité Mer Bretagne Paca, y ont répondu et sont dans l’attente des résultats et des financements associés :
- Sabella et son projet de démonstrateur hydrolien D010,
- Winflo, projet de développement d’une éolienne flottante autour d’un consortium regroupant DCNS, Nass & Wind, l’ENSIETA, Ifremer et d’autres entreprises régionales (cf. notre article)
- Blue H et le projet de développement d’une éolienne flottante,
- Megawattforce appelé aussi ORCA : démonstrateur hydrolien avec une chaîne de conversion hydraulique sous pression, piloté par Alstom avec pour partenaires EDF EN, SECTOR, STX France, Nexans, IUEM-UBO ....

Le financement des projets retenus était initialement prévu sur la ligne fonds démonstrateur du Grenelle de l’environnement. Il sera effectué finalement via le grand emprunt pour les investissements d’avenir ce qui impose un calendrier repoussé par rapport aux premières estimations et une inconnue sur le soutien apporté par l’Etat (via l’ADEME). La Région a fait part à l’Etat et à l’ADEME de sa vigilance et de son inquiétude sur ce point afin que la réalisation de démonstrateurs puisse avoir lieu dans des délais compatibles avec le développement de la filière.

Après analyse des montages financiers sur ces dossiers, il apparaît d’ores et déjà qu’un dispositif d’accompagnement par la Région est à prévoir, une fois les candidats sélectionnés retenus, tant en investissement qu’en ingénierie. Des propositions budgétaires seront inscrites dans ce sens.

Au chapitre du suivi des projets, celui du parc pré-industriel de EDF EN et extension en site d’essais hydrolien de Paimpol Bréhat se poursuit (cf. intervention de JY de Chaisemartin aux entretiens Science et Ethique du 18 oct.). La mise à l’eau de la première machine de 0,5 MW est prévue pour l’été 2011 ; les trois autres machines seront immergées à l’été 2012 et raccordées au réseau électrique. L’enquête publique s’est déroulée pendant l’été et a reçu un avis favorable. La concertation se poursuit afin de conserver le haut niveau d’information entre les acteurs (élus locaux, associations, usagers de la mer, …) qui prévaut depuis le lancement de projet en 2004. Les premières retombées économiques régionales sont également à souligner, avec l’attribution au constructeur naval STX (site de Lorient) du contrat de fabrication de la barge d’installation des hydroliennes (le marché pour la construction du tripode est en cours). Ceci est aussi le résultat de la mobilisation des industriels régionaux par l’Agence économique de Bretagne, partenaire de ce blog. L’extension de ce projet en site d’essais hydrolien rentre désormais en phase opérationnelle. De manière anticipée sur les missions de « France Energies Marines », l’Ifremer a lancé, avec le soutien de la Région Bretagne et de l’ADEME, l’étude de faisabilité pour définir les modalités de cette extension : périmètre géographique, étude d’impact environnemental, plan d’affaires du site, gouvernance pour l’exploitation du site… La première réunion de concertation a eu lieu le 16 septembre 2010. Elle a permis de présenter les enjeux de ce projet et son rôle clé pour le test des démonstrateurs précités. Plusieurs développeurs de technologies ont manifesté leur intérêt pour des expérimentations sur le site de Paimpol-Bréhat qui deviendrait en quelque sorte un EMEC à la française. France Energies Marines initie la mise en place des sites et définit leur coordination au niveau national, étant entendu que chaque site se dote d’une gouvernance et d’un statut propre pour sa mise en oeuvre opérationnelle. Le financement des sites sera assuré en partie par le grand emprunt sur le volet « démonstrateurs et plateforme technologiques.

Pour l’hydrolien, le déploiement du site hydrolien de Paimpol Bréhat est donc engagé. L’étude sur les capacités portuaires de la Bretagne Nord nécessaires à la mise en oeuvre et à l’exploitation de ce site est en cours de finalisation. Il ressort d’ores et déjà que le port de Brest constitue un point d’entrée pour les phases de construction et assemblage, bien que les ports de Saint Nazaire et du Havre fassent un partenariat pour répondre aux différentes demandes. Les ports locaux costarmoricains ont quant à eux un rôle à jouer sur différents lots (maintenance lourde et légère, accueil de l’environnement scientifique, formation…).

Concernant le site d’essais houlomoteur du Croisic mené par l’Ecole Centrale de nantes (SEMREV) qui s’intègre dans la dynamique des sites d’essais de « France Energies Marines », poursuit son déploiement avec le soutien de la Région des Pays de la Loire.

Concernant un site d’essais sur l’éolien flottant une étude à portée nationale vient d’être lancée par Ifremer afin de caractériser le dimensionnement et la localisation d’un ou plusieurs sites en Pays de la Loire, en Provence Alpes Côte d’Azur et en Bretagne (Iroise et Bretagne Sud). Une proposition de hiérarchisation des différents sites sera proposé afin de sélectionner une (ou plusieurs) zone(s) répondant aux exigences technologiques et logistiques pour le test des démonstrateurs. Cette étude est soutenue par les Régions concernées et l’ADEME.

La Région Bretagne soutient aussi l’étude de faisabilité d’un dispositif flottant de mesure et de dissipation de l’énergie qui permettrait de tester de manière mobile les technologies marines. Le résultat de l’ensemble de ces études est prévue pour fin décembre et coïncidera donc avec la remise du dossier final « France Energies Marines » dans le cadre du grand emprunt. Dans les prochains mois, la formalisation de ces sites d’essais va se préciser. Il a été proposé lors de cette cession du Conseil régional que la Région Bretagne puisse s’y engager formellement à mesure que le statut juridique définitif des gestionnaires de sites se précise..

Un bilan d’étape sera communiqué à l’Assemblée régionale. Les engagements qui en résulteront, tant sur la participation du Conseil régional de Bretagne dans les divers projets conduits par France Energies Marines, que sur ceux concernant les sites d’essais hydrolien et éolien flottant, seront soumis pour approbation à l’Assemblée régionale.

Francis ROUSSEAU



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