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Extraction de sable. Le Peuple des dunes Trégor réagit

Dernière mise à jour le lundi 16 janvier 2012

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Vendredi 13 Janvier 2012
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Extraction de sable. Le Peuple des dunes Trégor réagit

Mercredi, Bernard Lenoir, de la Compagnie armoricaine de navigation (groupe Roullier) a défendu son projet d’extraction de sable coquillier dans les baies de Lannion et Morlaix. Alain Bidal, président du Peuple des dunes Trégor, réagit.

« M.Lenoir nous accuse de lui faire un mauvais procès, entame Alain Bidal, président du collectif Le Peuple des dunes Trégor (31associations). Est-ce un mauvais procès que de défendre l’emploi des marins pêcheurs, des professionnels du tourisme et du nautisme, des plaisanciers et de tous ceux qui profitent de nos côtes ? Est-ce un mauvais procès que de vouloir défendre la flore et la faune (...) entre deux zones Natura 2000 ?(...) ». « M.Lenoir semble indiquer qu’il n’y aurait pas d’autre moyen d’amender les sols des agriculteurs maraîchers sauf à faire circuler des camions depuis Laval ! C’est un peu sommaire comme analyse et faire fi de la possibilité d’extraire à partir d’autres sites(...). C’est aussi faire fi d’autres types d’amendements(...) ».

« Plein d’autres sites »

Mettant en avant l’avis d’Ifremer, « très réservé » sur le projet, le représentant du collectif invite à suivre l’exemple anglais qui imposerait « de ne pas extraire de sable à une profondeur de moins de 80mètres ». « À cette profondeur, il sera facile de trouver plein d’autres sites et d’autant plus que M.Lenoir nous explique que ce n’est pas par souci économique qu’il veut draguer si près de nos côtes ! », lance Alain Bidal. « Quant à l’argument que la CAN serait légitime à extraire beaucoup plus que les besoins de l’agriculture bretonne en se comparant aux pêcheurs bretons (qui apprécieront...) et aux émirs du Moyen-Orient, elle oublie simplement de dire que ceux-ci, quand ils vendent leur poisson ou leur pétrole, ne le font pas au détriment de l’emploi de leurs concitoyens ou au prix du saccage de leur environnement ».

Diagnostic réclamé

Si Alain Bidal admet que le sable coquillier n’est pas utile pour la construction, « ce qu’oublie de dire M.Lenoir, c’est que sous le sable coquiller, parfois à moins d’un mètre, se trouve du sable minéral utilisable pour le bâtiment et que la CAN s’est dite prête à exploiter également (...) ». Et de poursuivre : « Nulle part M.Lenoir ne mentionne qu’il n’y a aucune étude sérieuse de l’état initial de la dune. Comment, alors, mesurer par la suite l’impact(....) des 8millions de m³ qui seraient extraits pendant les vingt prochaines années (...) ? ». Pour le collectif, un diagnostic(indépendant) est un préalable « avant toute concertation éventuelle ».

« Le chantage est un peu gros »

Concernant les incidences sur l’emploi, « le chantage de la CAN est un peu gros », écrit Alain Bidal. « M.Lenoir parle de l’emploi des vingt-neuf personnes de la CAN (...) comme si la CAN n’exploitait rien d’autre, ne pouvait pas trouver d’autres sources de revenus, ni se diversifier alors qu’elle fait partie d’un groupe de plus de 2.000 personnes qui vient de supprimer sans état d’âme vingt-huit emplois à Pontrieux ». Pour Alain Bidal, cet argument est d’autant plus spécieux qu’il ne fait « aucun cas de l’emploi des (...) soixante marins pêcheurs qui passent plus de la moitié de leur temps de pêche dans la zone convoitée et dont c’est l’outil de travail. Et c’est sans compter les emplois dans le nautisme et le tourisme qui ne manqueront pas de disparaître(...) ».



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