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Europe. Quel avenir pour la pêche bretonne ?

Dernière mise à jour le mardi 27 septembre 2011

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Mardi 20 Septembre 2011
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Europe. Quel avenir pour la pêche bretonne ?

Tel qu’il va être présenté aujourd’hui à la France, le projet de réforme de la politique commune des pêches (PCP) pourrait bien déstabiliser la pêche bretonne.

Une réforme pour 2013. Un émissaire de la commissaire européenne Maria Damanaki présente aujourd’hui à Paris le projet de réforme de la politique commune des pêches, applicable au 1erjanvier 2013. Elle répond à une préoccupation, la préservation des différentes espèces de poisson, par des mesures drastiques comme la réduction des quotas, la privatisation des droits de pêche et l’obligation pour les pêcheurs de rapporter à terre les « rejets » qui jusqu’à présent étaient remis à l’eau. Ce projet de réforme qui devra être validé par les différents états européens ne fait pas l’unanimité. Loin de là.

Des poissons en voie de disparition ?
Le postulat de la réforme -la ressource halieutique serait en danger- est contesté par les pêcheurs. Et les Bretons ne sont pas les moins virulents. « Les scientifiques européens sont complètement décalés par rapport à la réalité. Leurs analyses datent pour la plupart de deux, voire quatre ans. Mais ce sont des scientifiques. Ça pèse lourd. Qui ne s’incline devant la science ? », ironise René-Pierre Chever du Comité local des pêches du Guilvinec (29). « Ils ne cherchent même pas à interroger les pêcheurs qui ont fait d’énormes progrès avec des engins sélectifs », s’indigne Alain Le Sann de Pêche et développement. « Les stocks de soles, merlus, langoustines et de lotte ne sont pas en danger. Ça fait des années, que la pression n’a pas été à ce niveau de faiblesse », souligne René-Pierre Chever.

Alliance entre environnementalistes et ultra-libéraux ?

Les pêcheurs pointent du doigt l’alliance des associations environnementalistes qui « veulent stopper la pêche et voient les pêcheurs uniquement comme des prédateurs »... avec les lobbies ultra-libéraux de l’agrobusiness (les transformateurs) « qui veulent avoir la mainmise sur le poisson ». Les uns et les autres ont des bureaux à Bruxelles. « Que pèsent quelques milliers de pêcheurs en face ? », remarque René-Pierre Chever.

Des droits de pêche monnayables.
Le dispositif prévu par Maria Damanaki propose de créer des « concessions individuelles transférables » pour les bateaux de plus de 12m et quelle que soit leur taille pour les « arts traînants » (chalut et drague). Ce qui signifie que presque tous les pêcheurs vont se voir attribuer gratuitement et à titre personnel des quotas. Des droits qu’ils pourront ensuite monnayer. « Seulement, les jeunes Bretons ne pourront plus s’installer. Ce sera trop onéreux. On va donc progressivement assister à une concentration des capitaux dans des entreprises qui seront progressivement déconnectées des territoires où résident actuellement les pêcheurs », s’inquiète le Comité local du Guilvinec.

Comment transporter les « rejets » ?
Jusqu’à présent, les poissons sous taille, non commercialisables ou abîmés sont rejetés à la mer au cours des campagnes de pêche. La réforme version Maria Damanaki prévoit que les navires rapporteront tous leurs rejets à quai. Ils seront transformés en farine pour l’aquaculture. « Les bateaux ne sont absolument pas équipés pour ça. On ne voit même pas comment on va faire », se désespère un pêcheur. « Moi je n’ai pas envie de nourrir mon concurrent directqui est l’aquaculture », complète René-Pierre Chever.

Flore Limantour



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