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Eolien offshore français : hésitations gouvernementales...

Dernière mise à jour le mardi 21 décembre 2010

Article paru sur le site "Les Energies Marines Renouvelables" - Jeudi 16 Décembre 2010
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Eolien offshore français : hésitations gouvernementales...

PARIS - (France - U.E.) - 16/12/2010 - 3B Conseils -Alors que la presse nationale et internationale s’impatiente depuis quelques jours sur la divulgation de la liste des zones propices à l’implantation des parcs éoliens offshore, que le gouvernement français devait publier en septembre dernier puis avant la fin de l’année 2010, un rapport du Pew Charitable Trust intitulé " Global Clean Power : a $2.3 Trillion opportunity " (PDF ICI) enfonce le clou (page 50) sur la politique générale en matière d’énergies renouvelables de la France. Ce rapport résumé (pour les non-anglophones) par Actu Environnement crédite la France d’une possibilité d’investissement de 57 milliards de dollars dans ce domaine, (toutes énergies propres cumulées) et lui accorde la troisième ressource éolienne européenne derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni, tout en précisant que "Le pays accumule les obstacles administratifs auxquels s’ajoute une prédominance du nucléaire peu stimulante" . Dont acte.

Le rapport du Pew Charitable Trust est clair : "Là où il y a une incitation claire des gouvernements à soutenir le développement des énergies propres, les investissements suivent. La croissance du secteur des énergies propres crée des emplois tout le long de la chaîne d’approvisionnement - depuis l’ingénierie jusqu’au transport". Ce rapport très nuancé ne nie cependant pas les investissements et les efforts consentis par la France dans ce domaine en stipulant que "1,8 milliards de dollars d’investissements ont été attirés dans le secteur en 2009 lui faisant afficher un taux de croissance de 98% sur les cinq dernières années." Le rapport précise aussi que : ’’ La France n’a pas avancé aussi rapidement qu’elle aurait pu sur le plan des énergies renouvelables, notamment en raison d’incohérence des politiques ’’ parmi lesquelles ’’les modifications fréquentes du cadre législatif et une bureaucratie omniprésente’’. Au passage la toute puissance d’EDF est soupçonnée de ralentir les investissements dans les énergies renouvelables en créant des files d’attente des projets. En conclusion : ’’ A moins que ces difficultés ne soient levées, tous les droits de douane et toutes les incitations du gouvernement en faveur des énergies renouvelables ne serviront à rien .’’

Dans le domaine de l’éolien offshore, qui nous occupe en particulier dans ce blog et qui est une petite partie des énergies renouvelables françaises en général, Actu Environnement se fait une nouvelle fois ICI le relais d’un inquiétude grandissante partagée par l’ensemble des acteurs du secteur concernant les atermoiements étatiques devant la publication de la liste des "zones propices" à l’implantation des parcs. C’est Nicolas Wolff, président de France Énergie Éolienne, la branche éolien du SER, et directeur général de Vestas France, qui exprime cette inquiétude en déclarant à Actu Environnement : "En l’état nous ne nous attendons pas à ce que les zones propices au développement de l’éolien offshore soient validées avant le début de l’année 2011. La situation est bloquée et le gouvernement semble même hésiter à lancer l’appel d’offre. Le problème n’est pas forcément lié à l’opposition des pêcheurs, mais plutôt à des arbitrages ministériels, suite au dernier remaniement, qui pourraient remettre en cause les deux appels d’offre de 3 GW. Une des craintes du gouvernement est que les appels d’offre se concrétisent par des importations et bénéficient aux opérateurs étrangers. C’est une erreur car nombre d’éléments ne pouvant être transportés seront construits en France. Le gouvernement n’arrive pas à se lancer et nous risquons de perdre une nouvelle opportunité."

Ce point de vue, rapproché de celui du rapport du Pew Charitable Trust, met le gouvernement face à sa (ses) responsabilité(s) dans ce domaine économiquement sensible puisqu’il engage l’avenir d’une partie de l’emploi jusqu’en 2030 voire 2050. Les interrogations multiples des industriels et élus relayées ces dernières semaines dans la presse ne font pas autre chose car il est clair maintenant que l’on ne pourra plus rejeter longtemps la faute qui sur les pêcheurs, qui sur les riverains. Un article que j’ai publié ici le 13 décembre montrait même à quel point certains projets éoliens offshore pouvaient faire l’objet d’une mobilisation favorable de l’ensemble des acteurs de terrain, qu’ils soient élus, industriels, scientifiques, écologistes, pêcheurs ou industriels du tourisme.

Francis ROUSSEAU



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