Manger la mer, Invitez la mer à votre table !

Accueil > Actualités de la mer > Énergies marines : toujours rien à l’horizon

Énergies marines : toujours rien à l’horizon

Dernière mise à jour le mercredi 24 novembre 2010

Article paru sur le site "Ouest-France" - Jeudi 18 Novembre 2010
Visualiser l’article original



Énergies marines : toujours rien à l’horizon

Les annonces volontaristes de l’État ont motivé Brest, Ifremer et quelques industriels. Mais les décisions se font attendre. Et le remaniement ministériel ajoute à la confusion.

Analyse

C’était un espoir pour Brest. Juré craché, la France de Sarkozy se voulait en 2007 « leader des énergies renouvelables ». Et Brest allait être une tête de pont des énergies marines.

En juin 2009, en visite à Ifremer, Jean-Louis Borloo, chef d’orchestre du Grenelle, promettait « 100 millions d’euros » pour les fonds démonstrateurs. Cet argent devait servir à des prototypes grandeur réelle pour les technologies de récupération d’énergie de la houle, des courants ou du différentiel de température en mer.

En juillet 2009, Nicolas Sarkozy promettait dans son discours du Havre de rattraper le retard de l’économie maritime de la France et de créer une plateforme technologique des énergies de la mer. Belle aubaine, ce serait à Brest. Et c’est François Fillon, le Premier ministre himself, qui était venu le confirmer au Quartz en décembre.

Un an plus tard, les belles déclarations ont pris l’eau. Rien n’est encore décidé. Et aucun fonds n’est alloué aux énergies marines. Tout est renvoyé au Grand emprunt sous l’arbitrage du Premier ministre. Brest s’est positionnée avec le soutien de la Région et des industriels pour servir de base arrière à la construction du parc d’éoliennes offshore de Saint-Brieuc. Les travaux sont programmés pour stabiliser 12 ha du polder du Moulin-Blanc. Un quai est envisagé. L’assemblage des machines et la préparation des fondations pour un parc de 250 MW représenteraient environ 400 emplois sur deux ans selon l’Agence économique de Bretagne.

Un ministère éclaté

Mais on est très loin du contrat. Le choix des sites français propices au développement de l’éolien en mer, prévu en septembre dernier, n’est toujours pas tranché, alors que ce marché draine déjà des milliards en Angleterre et en Allemagne.

« Il faut un pilote dans l’avion, réagit François Cuillandre, maire de Brest. Rien ne permet de dire que les énergies marines vont quitter Brest. Mais on n’aura pas tout. Avec Jean-Yves Le Drian (président du conseil régional), nous allons sensibiliser le nouveau ministre à la question. »

Jean-Louis Borloo avait programmé 3 000 MW d’éolien installés d’ici 2015 (600 éoliennes sur une dizaine de sites). Aujourd’hui, son ministère a éclaté. L’énergie échoit à Eric Besson et le développement durable à Nathalie Kosciusko-Morizet. Qui va poursuivre ? La politique va-t-elle changer ? « On manque d’information, mais nous ne sommes pas alarmistes », témoigne Patrick Poupon, directeur du Pôle mer Bretagne, qui soutient sept projets d’énergies marines. « On s’attend à une certaine continuité politique sur ces sujets. »

Les industriels attendent

Avec industriels et organismes de recherche, Ifremer pilote le projet de plateforme technologique, qui emploierait à terme 60 chercheurs, ingénieurs et techniciens pour veiller à la connaissance et aux tests de prototypes en France. Pour obtenir un financement, elle postule au statut d’Institut d’excellence en énergies décarbonnées (IEED) sous le nom France Énergies Marines. Sans garantie de succès. Il y a plus de candidats que d’IEED prévus. Les sites sont en concurrence et le choix ne sera pas tranché avant l’été 2011.

Les industriels sont dans les starting-blocks. DCNS s’intéresse à plusieurs technologies (éolien flottant, hydrolienne, houlomoteur, énergie thermique des mers). L’industriel dit avoir déjà investi « plusieurs millions d’euros » en recherche-développement. En quête de diversification, DCNS a installé son « incubateur énergies marines » sur le port de commerce, hors de la base navale, tout un symbole. Mais pour l’inauguration, elle attend depuis des semaines, des vents plus porteurs.

Sébastien PANOU.



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contacts | Qui suis-je ? | Remerciements | Plan du site | SPIP