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Énergies marines. La Bretagne à la pointe

Dernière mise à jour le mercredi 23 mars 2011

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Samedi 19 Mars 2011
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Énergies marines. La Bretagne à la pointe

La société quimpéroise Sabella a dévoilé, hier, la maquette de l’hydrolienne qui sera immergée dans le Fromveur, à Ouessant, en janvier. L’occasion pour le président de Région de rappeler sa volonté de faire de la Bretagne une véritable plate-forme en matière d’énergies renouvelables.

Il aura fallu dix années de recherches aux ingénieurs de la société Sabella pour mettre au point un programme baptisé « Eussabella ». Programme majeur dans l’actualité des énergies marines renouvelables qui pourrait permettre l’indépendance énergétique des îles non raccordées au continent. La clé : une solution hybride alliant hydroliennes et stockage. Sur 21 projets présentés, « Eussabella » fait partie des cinq retenus par le gouvernement dans le cadre des investissements d’avenir.

Pièces assemblées à Brest

Au-delà de la reconnaissance d’un savoir-faire en ingénierie offshore, l’entreprise quimpéroise a ainsi décroché une enveloppe de 3,7 MEUR. Soit un tiers du budget nécessaire pour assurer le développement technologique de son projet. « S’ajouteront des fonds européens, par le biais de la Région et des capitaux privés émanant de groupes pétroliers comme Saipem ou Géopétrol, qui apporteront à eux deux un ticket d’1,5 MEUR », assure Jean-François Daviau, président de la société Sabella.

Pionnière dans l’exploitation énergétique des courants de marée, Sabella s’apprête à installer une hydrolienne dans le Fromveur à Ouessant. Elle sera ainsi l’une des premières au monde à entrer dans une phase de production effective d’énergie. La maquette de cette machine, qui fera 15 mètres de haut (un immeuble de cinq étages) sur une assise de 20 mètres sur 30, a été dévoilée hier. Les composants de cette géante des mers seront construits principalement en Bretagne et seront assemblés sur le port de Brest.

Ouessant, tête de série industrielle

Le chantier débutera avant l’été et le démonstrateur grandeur nature sera immergé en janvier prochain. À 55 mètres de fond, avec des courants de neuf noeuds, il sera alors testé durant un an. Après accord avec ErDF, cette hydrolienne « D10 » devrait permettre d’alimenter 25 % de la consommation électrique d’Ouessant. Pour assurer son indépendance énergétique, c’est-à-dire s’affranchir de la centrale thermique au fioul de l’île, trois autres hydroliennes pourraient suivre d’ici 2015. « Et ce n’est qu’un début », promet Jean-François Daviau, estimant que « Ouessant sera une tête de série industrielle, une tête de pont à l’international ». Selon lui, en effet, « ce modèle insulaire est attendu par de nombreuses îles autour du globe ».

Des centaines d’emplois à la clé

L’émergence des technologies bretonnes en la matière, le président de Région veut y croire aussi. Hier, il a ainsi réaffirmé une stratégie régionale ambitieuse. « Nous ferons de la Bretagne une plate-forme et développerons une vraie filière lourde de l’énergie à l’horizon 2020 ». Jean-Yves Le Drian a, par ailleurs, confirmé que « Brest en serait le pôle d’excellence et une interface clé, notamment pour la construction et l’assemblage des machines ». Soulignant qu’une « zone de onze hectares était en cours d’aménagement sur le polder », il a estimé que « des centaines d’emplois pourraient être générés et que l’ensemble du territoire breton pourrait en tirer un bénéfice ».

Sarah Morio



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