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Du macro plancton à l’attaque

Dernière mise à jour le mardi 8 mars 2011

Article paru sur le site "France-Info" - Dimanche 06 Mars 2011
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Du macro plancton à l’attaque

Un nouvel intrus dans les eaux européennes : un organisme gélatineux et glouton a été identifié par le navire Thalassa d’Ifremer lors de sa campagne en mer du Nord.

Ça y ressemble mais ce n’est pas une méduse. Le Mnemiopsis leidyi est un animal gélatineux de 3 à 12 centimètres qui a inspiré certaines créatures du film Abyss de James Cameron. Il est originaire de l’Atlantique Nord américain et il a sans doute voyagé en passager clandestin dans les ballasts des navires. Ces énormes réservoirs que l’on rempli d’eau pour assurer la stabilité du bateau pendant la traversée et que l’on vide arrivé au port. On connaissait la présence de cet organisme en mer noire où il est apparu dans les années 80. On sait qu’il a envahi la mer Egée, la mer Caspienne, la Méditerranée et le voilà qui prolifère en mer du Nord. Toutes les mers semblent pouvoir l’accueillir. Il supporte les variations de température et de salinité, il accepte des taux d’oxygène très bas et n’est pas gêné par la pollution. Le problème c’est que l’espèce est extrêmement vorace : elle se nourrit essentiellement d’œufs et de larves de poisson. Elle peut manger 10 fois son propre poids en une seule journée. En Russie, l’impact sur les rendements de la pêche ont été catastrophiques. La bestiole entre en concurrence directe avec les pêcheurs. En cas de pénurie alimentaire, Mnémiopsis est capable de jeûner pendant trois semaines et de réduire son taux de reproduction. Mais s’il a de quoi se mettre à table, il prolifère : on peut trouver des bancs de plusieurs milliers d’individus. Vorace il est aussi extrêmement prolifique : il est capable de s’autoféconder et de produire des milliers d’œufs. Les larves se transforment en adulte en 20 heures seulement et peuvent se reproduire au bout d’une dizaine de jours. Bref, lorsque les pêcheurs du nord ouest ont appris la nouvelle ils ont frémi. Pour le moment, l’espèce a colonisé les eaux danoises et celles du nord de la Belgique. Quelques individus ont été repérés au large de Dunkerque. Mais comme elle s’adapte à presque toutes les conditions, il n’y a pas de raison qu’elle ne continue pas sa migration vers le Sud.



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