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Du fer dans les océans ?

Dernière mise à jour le lundi 18 avril 2011

Article paru sur le site "France-Info" - Dimanche 10 Avril 2011
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Du fer dans les océans ?

Nathalie Fontrel

Attention à ne pas jouer aux apprentis sorciers. C’est la mise en garde de l’UNESCO sur la fertilisation des océans. Un procédé qui permettrait de stocker le gaz carbonique.

- La fertilisation des océans, thème de la chronique de Nathalie Fontrel (1’54")

Nous rejetons 7 gigatonnes de carbone par an dans l’atmosphère. La surface des océans en absorbe 30% en moyenne. Grâce à deux pompes. Une pompe physique : la circulation océanique entraine les eaux de surface chargées en gaz carbonique vers le fond des océans. Et une pompe biologique : les organismes marins, comme le plancton, le fixent dans leur tissu grâce à la photosynthèse et dans leur coquille calcaire. Mais dans des régions entières des océans, l’appétit des micros organisme est réduit parce qu’il manque un élément essentiel : le fer. Le fer est transporté dans les poussières atmosphériques de la terre vers la mer. Le Sahara et le Sahel fertilisent ainsi l’Atlantique, les caraïbes et jusqu’à la partie Nord est de l’Amérique latine. Mais ailleurs et notamment dans l’océan Austral c’est la disette. L’idée est donc de déverser du fer dans les océans pour favoriser le développement du phytoplancton qui consomme du gaz carbonique, gaz à effet de serre. Mais quelles peuvent être les conséquences sur le milieu marin. Ces micros organismes vont finir par mourir et leur décomposition va consommer l’oxygène de l’eau nécessaire à la vie des poissons. Certains scientifiques évoquent même un effet boomerang : une réaction chimique entre le fer et l’eau de mer qui provoquerait des émanations de protoxyde d’azote dont le pouvoir réchauffant sur l’atmosphère est 300 fois supérieur à celui du gaz carbonique. En 2007, une étude du CNRS a montré que l’ajout de fer avait peu d’effet sur la production de plancton. La quantité de carbone absorbée est dix fois moins importante que lorsque la fertilisation est naturelle. La fertilisation des océans seraient donc très peu efficace. Et surtout, on ignore tout des effets secondaires. Cette recette pourrait empoisonner la vie marine et elle ne règle pas le problème essentiel : la réduction des émissions de gaz à effet de serre.



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