Manger la mer, Invitez la mer à votre table !

Accueil > Actualités de la mer > Des huîtres plus rares et plus chères pour les fêtes

Des huîtres plus rares et plus chères pour les fêtes

Dernière mise à jour le mercredi 22 décembre 2010

Article paru sur le site "Yahoo France Actualités" - Dimanche 19 Décembre 2010
Visualiser l’article original



Des huîtres plus rares et plus chères pour les fêtes

La forte mortalité des jeunes huîtres françaises et une baisse des naissances entraînent une augmentation des prix de 30 à 40% en cette période de fêtes de fin d’année.

Sur l’ensemble de la saison 2010-2011, la production d’huîtres creuses au plan national devrait baisser de 30 à 40%, soit une perte de 50.000 tonnes, mettant en danger l’avenir de toute l’ostréiculture française.

Jérôme Delarue, ostréiculteur depuis 15 ans à La Teste-de-Buch, dans le bassin d’Arcachon, qui a perdu depuis trois ans 80% de ses "juvéniles" (moins d’un an), constate qu’il n’aura plus une huître à vendre du 4 janvier jusqu’à Pâques.

"Je me pose la question de savoir si je ne vais pas arrêter tout simplement mon activité", dit-il.

Pour Olivier Laban, le président de la section conchylicole d’Arcachon, "même si les huîtres meurent, le travail d’élevage reste le même, les coûts sont identiques. C’est pour cela que nous avons augmenté de 30 à 40 % nos prix pour survivre".

Depuis trois ans, la surmortalité n’a épargné aucun bassin de production en Europe, mais 80% des huîtres européennes sont produites en France, soit 130.000 tonnes par an.

Les recherches pour identifier les causes sont en cours. Les scientifiques parlent d’un virus déjà identifié depuis longtemps mais qui a muté. Des solutions sont en cours d’étude mais ne devraient au mieux porter leurs fruits qu’en 2013.

La réimplantation d’espèces plus résistantes a été retenue et des souches ont été ramenées en octobre dernier du Japon.

COMMANDES EN BAISSE

Enfin, des programmes de recherches travaillent sur la mise au point d’une huître génétiquement résistante.

Pour l’ostréiculture du Bassin d’Arcachon en Gironde, déjà frappée ces dernières années par des interdictions de consommation lors de la période estivale en raison de la présence de micro-algues toxiques, la crise est encore plus aiguë, au point qu’elle a abandonné aux voisins de Marennes-Oléron en Charente-Maritime voisine sa position de leader dans la production de naissains, les bébés huîtres.

Parmi les 300 ostréiculteurs des bords du bassin d’Arcachon, seuls les plus anciens, qui ont amorti leurs investissements, devraient parvenir à traverser la crise, en faisant le gros dos.

"On va arriver à passer les fêtes car même si on est privés de stocks on a compensé en partie avec des huîtres plus jeunes mais de taille normale, celles de deux ans contre trois ans habituellement, mais après, ça va être difficile", explique Pierre Lacaze, exploitant au Cap-Ferret.

"Moi j’ai amorti mes investissements mais je crains pour les boutiques qui ont encore des crédits à rembourser", reconnaît-il en soulignant que les subventions, qui ont sauvé l’ostréiculture ces dernières années, seront en forte baisse en 2011.

Les huîtres de Noël sont de très bonne qualité cette année. Mais à quelques jours du réveillon, les commandes sont partout en baisse par rapport à l’an dernier en raison de la crise économique qui incite les consommateurs à la prudence.

Yves Clarisse



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contacts | Qui suis-je ? | Remerciements | Plan du site | SPIP