Manger la mer, Invitez la mer à votre table !

Accueil > Actualités de la mer > Dépendance énergétique. L’urgence des alternatives

Dépendance énergétique. L’urgence des alternatives

Dernière mise à jour le lundi 13 septembre 2010

Article paru sur le site "Le Journal des Entreprises" - Vendredi 10 Septembre 2010
Visualiser l’article complet



Dépendance énergétique. L’urgence des alternatives

Depuis le 1erseptembre, les tarifs de rachat par EDF de l’électricité produite à partir de panneaux solaires ont baissé de 12%. La Bretagne et les industriels morbihannais suivent aussi de manière attentive le projet gouvernemental de 600 éoliennes au large des côtes françaises, l’équivalent de six réacteurs nucléaires, moyennant un investissement de 10 Md€. Or la région ne produit que 8% de l’électricité dont elle a besoin tandis que sa consommation électrique croît deux fois plus vite que dans le reste du pays. Le Morbihan se trouve pourtant parmi les départements défricheurs en matière de développement d’énergies alternatives.

Dossier réalisé par Nicolas Mollé et Violaine Pondard

Après deux hivers rigoureux en Bretagne, il est facile d’imaginer un troisième hiver bien froid. Et de voir réapparaître les alertes à la consommation d’électricité pour éviter tout ?black-out ?. Le chauffage électrique étant le plus énergivore et le plus producteur de CO2. Même si la crainte du ?black-out ? est récurrente en Bretagne, Nathalie Le Meur, présidente du groupe Nass&Wind à Lorient, sait que les administrations et grandes entreprises sont préparées à cette éventualité. « Mais les citoyens et les PME ne peuvent pas vivre indéfiniment avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête.La Bretagne est un îlot énergétique, c’est là son problème », reconnaît Xavier Ferrey, directeur de la communication du groupe.

Sept alertes rouges
« La volonté politique existe pour accélérer le développement des énergies renouvelables », poursuit-il. « Car dire non à l ?électricité d ?origine fossile n’est pas suffisant. Il faut proposer des projets alternatifs qui soient viables, équilibrés et concertés. » La Bretagne a connu sept alertes écowatts rouges l’hiver dernier. « Le nombre de personnes inscrites au dispositif Ecowatt a été multiplié par deux », signale Michel Cadot, préfet de la région Bretagne. « Le secteur du logement représente à lui seul 50% de la consommation électrique de la région », indique-t-il.Sur les cinq dernières années, la consommation d’électricité a progressé de 16% en Bretagne contre 5% en France.Depuis 1990, la consommation nette d’électricité de la Bretagne a même progressé de 70% alors que la tendance nationale atteint les 46%. Or d’après l’Insee, à l’horizon 2030, la Bretagne comptera 900.000 habitants supplémentaires. Une agglomération comme Lorient représente déjà 200 à 300 Mégawatts de puissance installée, lorsque le total du Morbihan en affiche 700 à 800. Sans parler des entreprises industrielles comme DCNS ou la Fonderie de Bretagne (ex-SBFM) qui exigent a minima une dizaine de Mégawatts pour être raccordées au réseau. D’où la nécessité pour RTE (Réseau de transport d’électricité) d’investir aujourd’hui 27M€ dans un nouveau transformateur du futur poste électrique, qui a été installé durant l’été à Calan, près de Lorient. Celui-ci sera mis en service fin novembre. Il doit sécuriser l’approvisionnement en électricité du sud de la Bretagne. L’installation sera située à proximité immédiate de ?l’autoroute électrique 2x2 voies ? reliant la centrale thermique de Cordemais (Loire-Atlantique) et La Martyre près de Scaër (Finistère). Elle permettra un délestage des 400.000 volts vers les 225.000 volts, afin d’éviter les écroulements de tension. Des écroulements de tension qui se feraient plus rares si la Bretagne tendait vers davantage d’autonomie en matière de production énergétique ou si les Bretons modifiaient leurs comportements face à la consommation d’énergie.

Photovoltaïque. Laisser entrer le soleil

L’entreprise d’électricité générale SVEG à Vannes vient d’installer 220 m² de panneaux solaires sur son bâtiment de la zone de Kerniol. Sept personnes sont dédiées au photovoltaïque dans l’entreprise.

Certains professionnels avaient vu le coup venir. Ils avaient pressenti que cet été serait enfin ensoleillé. Excellente raison pour installer des panneaux photovoltaïques sur leurs toits et fabriquer leur propre énergie ou la revendre.

Chez l’entreprise d’électricité générale SVEG (110 salariés, 9,5M€ de CA), zone de Kerniol à Vannes, investir dans le photovoltaïque était une question de bon sens. « Nous sommes aussi spécialisés dans l’énergie renouvelable, il nous fallait montrer l’exemple », indique Denis Lelièvre, cogérant. « On a refusé une centrale nucléaire en Bretagne, il faut se donner les moyens de tendre vers plus d’autonomie. En hiver, la Bretagne est trop demandeuse d’électricité. » Ainsi, en quinze jours le toit photovoltaïque est devenu opérationnel. 220m² produisant 30kWh/an de puissance. « Le nécessaire pour la consommation d’énergie de l’entreprise », rappelle le dirigeant, qui a investi 120.000€ et attend 15.000 € de revenus chaque année, grâce à la vente d’électricité à EDF.

80.000 € par an
Chez Haroche Construction à Ploëren, le toit de 1.000m² en panneaux photovoltaïques est opérationnel depuis début avril. Il produit 135kWh/an, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’une cinquantaine de maisons. Jean-Luc Haroche, propriétaire du bâtiment, a investi 660.000€ dans ce toit totalement intégré au bâtiment. Celui-ci en attend des rentrées financières de 80.000€ par an après remboursement de son emprunt, dans douze ans.

Contraintes
Pour Denis Lelièvre, nombre de contraintes freinent encore l’investissement des entreprises dans ce domaine. L’orientation du toit doit être plein sud, la pente suffisante, aucune ombre ne doit gêner le toit, et surtout dès 2011 l’obligation sera faite d’intégrer totalement le toit photovoltaïque au bâtiment. « Cela implique de démonter le toit précédent, de poser des filets de protection, de n’avoir aucune personne en dessous pendant les travaux... », explique Denis Lelièvre. Ce qui veut dire : bloquer la production le temps de l’intervention. Et là, les entreprises deviennent frileuses. Pourtant, chez Haroche Constructions, comme au karting de Saint-Avé (lire plus bas), le toit a été démonté puis reconstruit sans aucune gêne. « On a mis une bâche, on a prévenu les équipes, et pourtant il a plu, mais tout s’est bien passé », précise Jean-Luc Haroche. Il reste, jusqu’à fin décembre 2010, l’alternative moins esthétique de la surimposition. La pose de panneaux par-dessus le toit, sans y toucher et en préservant ainsi son étanchéité. « Mais le coût de rachat par EDF est moindre : 0,30€ au lieu de 0,50€aujourd’hui », précise Denis Lelièvre.



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contacts | Qui suis-je ? | Remerciements | Plan du site | SPIP