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Commission Européenne : la feuille de route des EMR pour la période 2010-2050

Dernière mise à jour le mercredi 16 juin 2010

Les Energies de la Mer - Lundi 14 Juin 2010



Commission Européenne : la feuille de route des EMR pour la période 2010-2050

BRUXELLES - (Belgique - Union Européenne) - 14/06/2010- 3B Conseils - C’est sous le titre d’Oceans of Energy qu’a été publiée la feuille de route européenne de 34 pages concernant des énergies marines pour la période 2010-2050. Cette initiative revient à l’EU-OEA (European Ocean Energy Association) et à la Direction Générale de l’Energie de la Commission Européenne (DG ENER). On peut télécharger cet intéressant document ICI. En exergue à ce document, une remarque faite dès 2000 par le Marine Foresight Panel du gouvernement Britannique, remarque que j’ai citée à maintes reprises dans ce blog et ailleurs : " Si seulement 0,1% de l’énergie renouvelable disponible dans les océans pouvait être convertie en électricité, cela suffirait à satisfaire plus de cinq fois la demande du monde tel que nous le connaissons aujourd’hui " .

La feuille de route elle-même présente une série d’étapes à suivre par les pays européens pour leur permettre d’exploiter leur énorme potentiel énergétique marin de façon à atteindre 3,6 GW de capacité installée d’ici 2020 et 188 GW en 2050 tout en créant, au passage, plusieurs centaines de milliers d’emplois (plus de 400 000 selon le document). Le rapport cite aussi le chiffre de 645TWh d’électricité tirés en 2050 des énergies de la mer ce qui équivaut (comparaison du rapport) à la production de 100 centrales nucléaires. La commission prend acte des efforts déployés par certains gouvernements européens pour avoir consacré de fortes incitations financières aux nouvelles technologies marines, et recommande de continuer les efforts tout en développant fortement, dans les années qui viennent, les démonstrateurs et prototypes pour atteindre les 40MW. Des passerelles et des coopérations industrielles devront être trouvées entre l’industrie de l’éolien en mer, les industries pétrolières et gazières et les nouvelles énergies marines renouvelables. De même, les réseaux de transport et de distribution d’électricité devront s’adapter à la distribution de cette nouvelle production.

On peut retenir aussi, de la lecture de la feuille de route, que la Commission appelle de ses vœux la structuration rapide d’une industrie forte dans le domaine des énergies marines à l’échelon européen de façon à atteindre des volumes significatifs entre 2020 et 2050. En matière de potentiel et d’objectifs à atteindre d’ici 2020, on constate que la France avec 0,8 GW prévus arrive en seconde position (loin) derrière le Royaume-Uni avec 2,0 GW mais devant l’Espagne (0,6 GW), l’Irlande (0,5 GW), le Danemark (0,5 GW) et le Portugal (0,3GW)(cf. carte en tête d’article). Ces chiffres me laissent un peu songeur mais acceptons en l’augure ! Je note aussi que sont absents de la carte de ces objectifs chiffrés d’importants pays de l’Union à potentiels maritimes tels que la Belgique, les Pays-Bas, la Suède, l’Italie ou la Grèce. Quant aux technologies développées, il ne fait pas de doute que ce sont les technologies testées à l’EMEC qui ont la faveur des rapporteurs et, en priorité, les technologies britanniques déjà opérationnelles comme les hydroliennes SEAGEN de MCT, soutenues par EDF et ESB International, et l’absorbeur de vagues OYSTER. J’ai été pour ma part (agréablement) surpris de constater la bonne place accordée au prototype de la centrale osmotique Statkraft et (désagréablement) surpris de constater la discrétion du rapport en matière de ressources et d’objectifs pour l’Energie Thermique des Mers. La feuille de route en arrive à recommander clairement " une élimination aussi rapide que possible des barrières existant actuellement au développement du réel potentiel des énergies marines." Voilà une profession de foi qui fera plaisir aux acteurs du secteur dont certains ont pu avoir à plusieurs reprises le sentiment du contraire. Cette profession de foi s’accompagne d’une invitation faite à certains pays membres à développer un secteur de Recherche et Développement plus européen en établissant des synergies entre les R&D indépendantes jusque-là et le document de citer le Royaume-Uni, l’Irlande, le Danemark, la Suède, l’Espagne, le Portugal et l’Allemagne. La feuille de route rappelle que les technologies de transformation des énergie marines ont " été pensées pour avoir un impact négligeable sur l’environnement. Toutefois, elles peuvent avoir un impact sur la pêche et la navigation " et qu’il est probable à ce titre qu’il faille songer dans le futur à " créer des zones restrictives autour des installations exploitant les énergies des océans" .

La feuille de route conclut sur l’idée qu’une initiative industrielle européenne ne peut réussir qu’en parvenant à réunir " une masse critique suffisante de fonds privés et publics pour atteindre le stade de phase commerciale pleinement opérationnelle." Il est vital pour l’industrie européenne d’atteindre ce stade dans le temps imparti. En page 31 du document, j’invite le lecteur à consulter en détail le tableau synoptique explicite concernant les quatre points du développement des énergies marines sur 2010-2020 :

  1. Dispositifs d’énergie des océans et installations génératrices
  2. Soutien financier, infrastructure et sites d’essais
  3. Intégration au réseau de distribution électrique
  4. Activation du déploiement des énergies marines
    (cf. photo à agrandir ou page 31 du pdf téléchargeable ICI).

Enfin, en termes de coûts, la feuille de route établit les prévisions budgétaires suivantes :
- Concernant l’installation d’au-moins 240 MW de capacité à partir des EMR : 2000 millions d’euros dont 700 apportés par la Commission Européenne.
- Concernant le développement, l’exploitation et le soutien des sites d’essais de technologies ERM : 300 millions d’euros dont 150 apportés par la Commission Européenne
- Concernant l’intégration au réseau et les mécanismes de soutien au rachat : 250 millions d’euros dont 100 apportés par l’UE
- Concernant la R & D : 100 millions d’euros dont 50 apportés par la Commission Européenne.
Soit un total de 2600 millions d’euros dont 1000 serait apportés par la Commission Européenne

Francis ROUSSEAU



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