Manger la mer, Invitez la mer à votre table !

Accueil > Actualités de la mer > Cedre. Christophe Rousseau : « Les USA ont plutôt bien réussi »

Cedre. Christophe Rousseau : « Les USA ont plutôt bien réussi »

Dernière mise à jour le mardi 1er mars 2011

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Dimanche 27 Février 2011
Visualiser l’article original



Cedre. Christophe Rousseau : « Les USA ont plutôt bien réussi »

Christophe Rousseau, adjoint au directeur du Cedre (Centre de documentation et de recherche sur les pollutions accidentelles des eaux), basé à Brest, vient de rentrer du Canada où il assistait à un colloque international dédié à la marée noire du Golfe du Mexique.

Quelles informations avez-vous glanées au Canada ?
J’ai discuté avec des experts américains. Ils n’ont pas une idée si précise du volume de pétrole sorti, ni de la dispersion naturelle de ce pétrole dans ce vaste volume d’eau du Golfe. Qu’est devenu le pétrole ? Ils ont déjà donné des réponses, mais ils admettent que, bon voilà... ils ne savent pas trop. Sur les dispersants largués par les hélicoptères sur la nappe, les États-Unis ne peuvent pas nous dire l’impact dans les fonds du Golfe. Ils restent prudents, mais vont mettre en question cette stratégie du dispersant. Ils m’ont aussi dit que des boulettes arrivent toujours sur la côte mais, en temps de non-pollution, il y en a aussi du fait de l’activité pétrolière du Golfe.

Estimez-vous que les États-Unis ont plutôt bien ou mal géré l’après-marée noire ?
Pendant la pollution, leur ligne directrice a été de tout faire pour éviter que les zones sensibles de Louisiane (marécages, etc.) soient touchées. Ils s’y sont tenus. Sur l’après-marée noire, c’est typiquement américain : la grosse machine était en route. En juillet-août, des collègues du Cèdre étaient sur place. La mobilisation américaine leur apparaissait disproportionnée mais, finalement, les USA ont plutôt bien réussi. Ils ont employé beaucoup de pêcheurs à faire du brûlage dynamique et statique de pétrole. Ils étaient payés pour ça. 50% des familles travaillent à la pêche là-bas et le reste au pétrole donc ça ne râle pas trop mais la dimension politique de cette crise a pris le pas sur l’intervention technique. Beaucoup de barrages, par exemple, ont été posés par motivation politique. Obama a été impliqué très tôt. Ça a biaisé les choses.

Comment voyez-vous l’avenir environnemental dans le Golfe du Mexique ?
Comme beaucoup de pétrole est resté au large et a été dispersé dans la masse d’eau, la faune et la flore ont été moins polluées qu’on ne pouvait le craindre. Cette pollution va générer néanmoins des nouvelles lois en termes de forages profonds, d’utilisations des dispersants... On en discutera à l’International oilspill conférence de Portland aux USA fin mai.

Propos recueillis par Pascal Bodéré



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contacts | Qui suis-je ? | Remerciements | Plan du site | SPIP