Manger la mer, Invitez la mer à votre table !

Accueil > Actualités de la mer > Campagne FNE : L’agriculture, deux mondes à part

Campagne FNE : L’agriculture, deux mondes à part

Dernière mise à jour le mercredi 23 février 2011

Article paru sur le site "Développement Durable" - Mardi 22 Février 2011
Visualiser l’article original



Campagne FNE : L’agriculture, deux mondes à part

La campagne d’affichage choc lancée par France nature environnement à la veille du salon de l’agriculture a fait ressurgir le vieux conflit entre défenseurs de l’environnement et partisans de l’agriculture intensive. Malgré le dialogue initié par le Grenelle, deux visions de l’agriculture continuent de s’opposer.

« Déplacée », « choquante », « scandaleuse ». La nouvelle campagne d’affichage de France Nature Environnement (FNE) est venue rappeler le fossé qui sépare défenseurs de l’environnement et partisans de l’agriculture intensive. En quelques jours, le consensus de façade issu du Grenelle environnement a laissé sa place aux réactions indignées d’une partie du monde agricole. Mises en cause par l’un des visuels, les interprofessions porcines et bovines ont ouvert les hostilités en demandant (sans succès) l’interdiction de la campagne. Une contestation immédiatement relayée par la région Bretagne qui a assigné le collectif d’associations pour diffamation pour avoir fait le lien entre élevage industriel et prolifération des algues vertes. Optant pour la voie diplomatique, le Forum de l’Agriculture raisonnée respectueuse de l’environnement (Farre) a de son côté regretté qu’FNE ait choisi la « provocation » alors qu’une « concertation constructive » existe entre la profession agricole et les associations environnementales. « Au lieu d’attiser les peurs de nos concitoyens, FNE gagnerait à regarder la réalité en face », a estimé l’association qui rappelle que les agriculteurs sont engagés dans une « course contre la montre » pour « réussir à nourrir 9 milliards d’êtres humains d’ici 2040, tout en utilisant moins de chimie, moins d’eau, moins de terre ».

NKM, seule contre tous

Il n’en fallait pas moins pour que la majorité, en pleine reconquête de l’électorat agricole, se saisisse du dossier. Après que le ministre de l’Agriculture Bruno Lemaire ait jugé « scandaleuse » l’initiative de FNE qui « rend les agriculteurs responsables de tous les maux », Nicolas Sarkozy s’est offert dimanche un long monologue sur la question lors de l’ouverture du salon de l’Agriculture. « Qui peut mieux défendre l’environnement que ceux qui vivent dans la nature ? Pas ceux qui en parlent, pas ceux qui veulent faire des photos à côté de la nature » a taclé le chef de l’État, se disant « choqué par cette campagne de communication très déplacée ». Une fois de plus, la seule voix discordante est venue du ministère de l’Écologie dont la locataire, Nathalie Kosciusko-Morizet a défendu « le droit d’expression des associations environnementales. « FNE a choisi d’affirmer ses inquiétudes sur un certain modèle agricole avec des visuels un peu chocs. C’est un style contemporain qu’on trouve dans d’autres campagnes de communication, y compris dans certaines campagnes de l’Etat », a estimé la ministre.

Front commun des défenseurs de l’environnement

Les défenseurs de l’environnement et de l’agriculture biologique ont quant à eux volé au secours de FNE, dénonçant tour à tour les réactions de l’État et des tenants de l’agriculture industrielle. Le Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF) regrette ainsi que le ministre de l’Agriculture ait choisi de « victimiser le monde agricole » au lieu de regarder en face les « problèmes sanitaires et environnementaux liés au mode d’agriculture qui a été imposé au monde agricole depuis 60 ans ». La fédération nationale d’Agriculture biologique (FNAB) estime que loin d’être diffamatoire, la campagne de FNE est fondée sur des « faits avérés » et qu’il est du devoir de l’organisation de « briser le bouclier idéologique soigneusement entretenu par une partie du monde agricole depuis des dizaines d’années ». « Une agriculture de qualité, basée sur des principes agro-écologiques, est d’ores et déjà en capacité de nourrir la planète au Nord comme au Sud », assure la FNAB. « Est-il possible dans ce pays d’ouvrir le débat sur les questions agricoles sans que l’on nous reproche d’opposer les Français les uns aux autres ? » s’interroge quant à lui le président de FNE Bruno Genty pour qui « il n’est pas déplacé de demander la mise en œuvre complète des engagements " agriculture " du Grenelle ».

Johannes Braun



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contacts | Qui suis-je ? | Remerciements | Plan du site | SPIP