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Bonne pêche

Dernière mise à jour le mercredi 16 novembre 2011

Article paru sur le site "Les Echos" - Mardi 15 Novembre 2011
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Bonne pêche

PAR DAVID BARROUX

L’aquaculture n’a pas que des amis. La police du goût ne manque jamais une occasion de critiquer les soi-disant faibles qualités gustatives des poissons sortant des usines de la mer. Et certains ardents défenseurs de la cause écologique ne sont guère avares de critiques, pointant du doigt la pollution provoquée par les rejets des giga-fermes marines.

Même si le poisson de batterie n’est pas toujours nourri avec les meilleurs aliments, ce qui nuit à sa saveur, et si personne ne peut nier que l’aquaculture n’a pas que des retombées positives pour l’environnement, force est de constater qu’une fois de plus l’innovation et le progrès technique adapté à l’univers agroalimentaire permettent de régler plus de problèmes qu’ils n’en créent.

Comme le souligne la FAO, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’an prochain, un poisson sur deux consommé dans le monde n’aura pas été pêché en mer mais élevé dans une ferme. Ce boom de l’aquaculture, qui aura permis de plus que doubler la production mondiale depuis 2000, est une bonne nouvelle.

Une bonne nouvelle pour la population mondiale, qui ne cesse de croître et de s’enrichir, ce qui tire la demande alimentaire, en particulier en protéines financièrement abordables. En permettant d’augmenter l’offre et de faire baisser les prix, l’aquaculture est une arme massive de lutte contre la pauvreté. Une bonne nouvelle pour l’économie mondiale car, même si l’aquaculture est dominée par de grands groupes plus que par des auto-entrepreneurs, sa croissance fournit du travail et tire tout un éco-système.

A l’heure où 80 % des espèces de poissons sont menacées par la pollution ou par une capture industrialisée de plus en plus performante, l’aquaculture permet en prime de limiter la pression insoutenable exercée sur la faune marine. Pour sauver les poissons victimes de la surpêche, la solution la plus efficace consisterait à créer de vastes zones de non-pêche, des réserves naturelles dans lesquelles les espèces pourraient se reproduire à leur rythme. Aujourd’hui 12 % de nos terres sont des espaces protégés, contre seulement 0,5 % des océans. Tant que la volonté politique planétaire d’investir dans la sauvegarde de notre or bleu ne se manifestera pas, l’aquaculture représentera donc une puissante alternative.


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