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Algues vertes : les recettes de l’Inra pour réduire les nitrates

Dernière mise à jour le lundi 28 juin 2010

Ouest-France.fr - Vendredi 25 Juin 2010



Algues vertes : les recettes de l’Inra pour réduire les nitrates

L’une des zones les moins chargée en nitrates

C’est le nom du programme lancé par l’Inra, l’Institut National de la Recherche Agronomique, depuis le 1er janvier 2009 pour réduire les flux de nitrates dans le bassin-versant de la Lieue de Grève dans les Côtes-d’Armor, touché par le phénomène des algues vertes. Paradoxalement, cette zone de 12 000 ha avec 8 000 hectares de surfaces agricoles est l’une moins chargée en nitrates de Bretagne. « La concentration moyenne annuelle est de 28 milligrammes par litre, rappelle le chercheur Luc Delaby. C’est proche des recommandations de la directive de Bruxelles sur le bon état écologique des eaux », expliquent Laurent Ruiz et Luc Delaby, chercheurs à l’Inra.

Malheureusement, la Lieue de Grève est un écosystème propice au développement des ulves même avec des concentrations de nitrates moyennes. « Il faudra faire évoluer les 170 exploitations du bassin, dont une grande majorité d’élevages bovins, vers des systèmes qui ne relargueront plus que 10 à 15 milligrammes de nitrates », souligne l’Inra.

Moins de maïs...

Réduire la part des céréales et du maïs et augmenter les surfaces en herbe, tel est le nœud du système proposé par l’Inra. En cultivant des prairies avec des mélanges de graminées et de légumineuses, les éleveurs apporteront une ration complète à leurs animaux et l’azote restera fixé dans le sol. L’Inra ne prône pas pour autant « le zéro maïs », car cette plante offre une garantie de nourriture pour les vaches pendant l’hiver.

... et plus de prairies

L’Institut veut en revanche « une herbe maxi » quitte à restructurer en profondeur le foncier des exploitations afin que les troupeaux puissent au maximum pâturer des prairies autour de l’exploitation. C’est loin d’être le cas aujourd’hui, car les fermes sont plutôt morcelées. La Chambre d’agriculture, le conseil général, Lannion Trégor Agglomération et les agriculteurs se sont lancés dans cette refonte foncière qui promet d’être particulièrement longue et difficile car la terre agricole est un sujet extrêmement sensible. « Cette restructuration foncière est une des clés de la réussite du programme », insiste Luc Delaby. L’Inra prône également l’arrêt de l’engraissement des taurillons avec du maïs.

Un temps long

« N’espérez pas avoir des résultats du programme dans les trois ans, expliquent les scientifiques. Nous sommes dans une échelle de temps long, entre 10 et 20 ans pour avoir une réduction sensible des flux de nitrates ». Les agriculteurs ont bien accueilli les mesures proposées par l’Institut de recherche agronomique. Un premier groupe de 20 fermes a été créé avec « 6 qui ont pris d’ores et déjà un engagement de changement. Elles feront l’objet d’un suivi renforcé et d’expérimentations ». Le travail de l’Inra et des agriculteurs s’inscrit dans le volet préventif du plan anti-algues verte du gouvernement. Pour l’instant, aucun financement spécifique n’a été programmé. Lannion Trégor Agglomération doit se charger des dossiers de financement.

Jean-Paul LOUÉDOC.



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