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Algues vertes. Les agriculteurs claquent la porte

Dernière mise à jour le mardi 19 avril 2011

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Jeudi 14 Avril 2011
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Algues vertes. Les agriculteurs claquent la porte

« Plus de pragmatisme et moins de bureaucratie » : mécontents, les agriculteurs ont claqué la porte du comité régional de suivi du plan algues vertes, mardi à Rennes.

La position du comité scientifique associé au projet est à l’origine de ce coup d’éclat des représentants de l’agriculture conventionnelle.

« Nous faire confiance »

De fait, si le projet d’action adopté pour la baie de Saint-Michel-en-Grèves - basé sur la généralisation d’un système herbager - suscite l’adhésion générale, il n’en est pas de même, s’agissant de la baie de Saint-Brieuc. Le comité scientifique a, en effet, demandé des mesures plus strictes ; notamment réduire à 5-10mg/l le taux de nitrate dans l’eau. « Objectif utopique et irréaliste », affirme Olivier Allain, président de la Chambre d’Agriculture des Côtes-d’Armor, « c’est quasiment demander de supprimer toute activité agricole sur ce bassin ». Par ailleurs, la profession dénonce le fait que « l’argent va être dépensé plus en ingénierie et en paperasse que pour des mesures concrètes pour les agriculteurs. Les collectivités vont embaucher des techniciens pour réaliser des diagnostics que l’on connaît déjà. De plus, ce n’est pas aux collectivités de piloter l’agriculture. Il faut nous faire confiance et que les scientifiques viennent au moins nous rencontrer pour nous comprendre ».

« Un garde-fou »

« Il ne serait pourtant pas sérieux de ne pas renforcer l’efficacité d’un plan qui va coûter 35,72millions d’euros aux contribuables (pour Saint-Brieuc), en ne tenant pas compte des observations du comité scientifique », considère, pour sa part, Eau et Rivières : « comme il ne serait pas prudent de tout miser sur le volontariat et de ne pas prévoir un garde-fou réglementaire, quand on voit l’énergie que déploient certains pour ne pas avancer ». À cet égard, l’association pointe du doigt « la pression exercée par les agriculteurs nord-finistériens qui ne veulent absolument pas de ce plan algues vertes. Ce qui se traduit par des prises de position plus radicales de la Chambre d’Agriculture des Côtes-d’Armor, jusqu’alors plus mesurées ». Et d’affirmer que « l’heure de vérité approche ». En l’occurrence, « on va voir quel niveau de volontariat - le même principe que dans la baie de Lannion - va générer ce plan d’action. Sachant que s’il est insuffisant, l’État sera obligé d’instituer des mesures réglementaires. Tel est l’enjeu ». Considérant, selon l’association, et sans doute, la population, qu’il n’est pas imaginable que le site de France le plus touché par les marées vertes ne fasse pas l’objet d’un programme de restauration.

Hervé Queillé



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