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Aires marines. Dépenses dans le viseur

Dernière mise à jour le lundi 21 février 2011

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Mardi 15 Février 2011
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Aires marines. Dépenses dans le viseur

L’agence des aires marines protégées, dont le siège est à Brest, serait-elle dépensière ? Ses détracteurs pointent un coût et des frais de fonctionnement astronomiques. La Cour des comptes n’y trouve rien à redire pour l’instant.

Frais de déplacement : 601.000€ en 2009, 732.000 € en 2010 ! Le budget « déplacements et hébergement » des agents des aires marines protégées françaises fait grincer des dents, dans les rangs d’administrations pressurisées de toutes parts. « C’est inouï de dépenser autant d’argent pour des zones qui se protègent parfaitement toutes seules ! », s’insurgent les opposants historiques qui se font un plaisir de commenter ces « substantiels » frais de déplacement. « On peut s’interroger sur le bien-fondé de ces dépenses, alors qu’il n’y a plus d’argent pour financer de nouvelles vedettes sur le terrain ou changer le treuil de nos phares », tempête Bernard Le Bihan, au nom de l’Observatoire du littoral, des îles et de la mer d’Iroise (Olimi). « À côté de ça, les marins de la SNSM sont obligés d’organiser des kermesses pour continuer à sauver des vies humaines ».

Dépenses loin du terrain

« À quoi servent, au final, ces millions d’euros engloutis chaque année dans la com’, pour de la représentation, à des lustres des réels besoins de terrain ? », enfoncent les détracteurs. De18M€ de fonctionnement en 2010, le budget de l’agence des aires marines protégées est passé à 21M€ en 2011, pour 107 emplois équivalents temps pleins (89 en 2010). « Comment peut-on dépenser autant d’argent en déplacements et en représentation à l’autre bout de la planète ? », se demandent d’autres, en faisant référence à l’organisation, à Moorea, en face de Tahiti, de la conférence régionale du Pacifique des aires marines gérées (fin 2009). « Nous n’avons utilisé aucun jet privé, si c’est cela qu’on veut nous reprocher », commente, non sans humour, un cadre de l’agence brestoise. « 50% de l’espace maritime français se situent en Polynésie. Excusez-nous de devoir parfois nous y rendre ». « Accompagné de sa famille et en ajoutant des jours de congés pour continuer à séjourner sur place ? », rétorquent, pugnaces et plutôt bien renseignés, les détracteurs. « Cela ne concerne que trois ou quatre agents qui ont bien réglé, à titre privé, ces voyages supplémentaires et ces dépensesen famille », continue Pierre Leca, le responsable des missions d’études. La facture de ce colloque à Moorea s’est élevée à 210.000 € dont 36.000 de frais de déplacement.

Gestion saluée

Pour sa défense, l’agence évoque l’éloignement de ses six antennes, ainsi que de ses deux parcs marins existants (mer d’Iroise et Mayotte). L’établissement est en plein développement, cinq nouveaux parcs sont en projet en France ; ce qui nécessite de nombreux déplacements. Le positionnement excentré de Brest ne diminue pas non plus la facture (déjà par rapport à Paris). « La Cour des comptes a néanmoins souligné de façon positive la centralisationdes services à Brest », appuie la chargée de communication, Fabienne Quéau. « Ce même rapport de la Cour des comptes (fin 2010) n’a d’ailleurs relevé aucune anomalie sur l’opportunité des dépenses ». Avec la volonté de gérer dix parcs naturels marins d’ici à 2012-2013 et 20% de l’espace maritime protégé pour 2020 (1% actuellement), l’agence des aires marines n’est pas près de diminuer son volume ni ses coûts de fonctionnement.

La liste des dépenses de l’agence en 2010, sur www.aires-marines.fr, onglet « marchés publics ».

Stéphane Jézéquel



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