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Paimpol. Des pêcheurs en hiver

Dernière mise à jour le vendredi 9 août 2019

Article paru sur le site "Le Télégramme :"
- 24 Juillet 2019
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L’été, les touristes se pressent aux étals des poissonniers au marché de Paimpol, l’un des ports de pêche les plus connus du littoral nord breton. L’hiver, la vie des pêcheurs est rythmée par la météo.

Les badauds, bien emmitouflés malgré le ciel bleu et le soleil hivernal, déambulent dans les rues en ce mardi matin de février. En plein milieu de l’hiver, les touristes sont bien loin, mais le marché reste très fréquenté. À deux pas du port, la bien nommée « rue des poissonniers » accueille les étals de poissons et crustacés. Éric et Soizic Danet se frottent les mains pour se réchauffer. Ce matin, Éric a embarqué vers 6 h sur son bateau, le Rakaz, à Pors Even, un petit port tout près de Paimpol, pour aller pêcher de la roussette et la vendre au marché aussitôt. « Tous les jours, je vais à la pêche, à moins de 5 milles de la côte. Ce matin, je suis allé récupérer mes filets et mes casiers : j’ai ramené plein de petits homards ! », se réjouit-il. Les Paimpolais apprécient cette pêche très fraîche : vers 10 h, l’étal de Soizic et Éric Danet est déjà presque vide.

« L’hiver, je sors six jours sur sept », raconte cet ancien mécanicien agricole et automobile qui s’est reconverti dans la pêche il y a trois ans. « En cette saison, quand je sors en mer, je sais qu’il faut rester prudent : il y a souvent de la houle et le bateau est petit. On se fait secouer ! Un jour, j’ai même dû faire demi-tour, c’était trop dangereux de relever mes casiers », raconte-t-il. Soizic, sa femme, sert une habituée. « L’hiver, nous avons souvent une dizaine de commandes pour le marché, notamment des étrilles. Mais à cette saison, nos étals sont moins fournis que l’été », explique-t-elle. Ce matin, le reste des roussettes invendues partira à la criée de Saint-Quay en fin de matinée..
La Saint-Jacques, une pêche emblématique

Comme d’autres productions, la pêche obéit à une saisonnalité bien précise, liée à la ressource mais également à l’histoire. À Terre-Neuve, puis en Islande, à l’époque de la grande pêche qui durait environ six mois, les pêcheurs se sont progressivement orientés vers la pêche de la praire l’hiver. Après l’épuisement progressif des gisements, ils ont armé des bateaux plus importants dans les années 1960-1970 pour pratiquer la drague des coquilles Saint-Jacques, en alternance avec d’autres pêches au casier et au filet. « Aujourd’hui, je dirais que la pêche côtière se porte plutôt bien ! », analyse François Le Guen, enseignant au lycée maritime de Paimpol, qui connaît bien le secteur.
Emblématique de la région, la célèbre pêche à la coquille a démarré le 1er octobre. 43 bateaux sont immatriculés à Paimpol : Étienne Ruffloch, un jeune pêcheur de 19 ans a embarqué sur l’un d’entre eux, L’Auglya. Ils sont quatre hommes à bord à pêcher la coquille pendant l’hiver, d’octobre à avril. Tous les ans, l’Ifremer effectue des relevés pour estimer le renouvellement de la ressource. Cette année, comme l’an dernier, les résultats étaient encourageants : la ressource progresse dans la baie de Saint-Brieuc.

Au plein cœur de l’hiver, les pêcheurs sont au travail. Un timing très pointu : les coquilliers vont pêcher 45 minutes le lundi et 45 minutes le vendredi. « La règle c’est de pêcher 1,2 tonne au maximum. On est très surveillés, il y a même des hélicos qui survolent la zone de pêche », raconte Étienne Ruffloch. « La pêche à la coquille est devenue un exemple de la bonne gestion de la ressource, explique François Le Guen. Cette pêche représente une bonne partie du chiffre d’affaires annuel des pêcheurs. Forts de cette base, ils peuvent ensuite diversifier avec des araignées, mais aussi avec de la pêche au filet et au chalut ».

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