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Huître creuse. La sauvage gagne du terrain

Dernière mise à jour le mardi 3 décembre 2019

Article paru sur le site "Le Télégramme :"
- 25 Mars 2017

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Elle a colonisé la plupart des grèves de la rade de Brest. Importée du Japon dans les années 70, l’huître creuse s’est étendue bien au-delà des parcs ostréicoles. La Gigas à l’état sauvage fait aujourd’hui partie du paysage côtier breton. Pour le plus grand bonheur des pêcheurs à pied.

L’augmentation de la température de l’eau a favorisé son développement. Rapportée du Pacifique dans les années 70, afin de pallier la disparition de l’huître creuse portugaise (décimée autour de 1968), la Crassostrea Gigas a proliféré par le sud de la Bretagne avant de gagner la rade de Brest, en essaimant à partir des parcs ostréicoles. En 2007, on estimait son stock naturel en rade de Brest autour de 10.000 t (entre 5.000 et 6.000 t entre 1995 et 2005). « L’huître sauvage est ainsi devenue, en moins de 40 ans, l’espèce la plus représentée de la rade de Brest », rapporte Stéphane Pouvreau, du laboratoire de physiologie des invertébrés pour Ifremer (Argenton). Elle aurait détrôné la crépidule et toutes les autres espèces locales.

Elle trouve en rade de Brest de la nourriture en abondance et une température idéale pour la libération de ses larves en été (une eau à plus de 18 degrés. Le nord de la rade aux eaux plus fraîches en accueille moins sur ses grèves). La Gigas s’est développée jusqu’en Hollande et a même atteint, en 2008, le sud de la Norvège !
Irrégulières et dentelées

En Bretagne, seule la côte du Finistère nord et les abers en sont épargnés à l’état sauvage ; l’eau fraîche (jusqu’à 17 º l’été) excluant, pour le moment, toute reproduction. Partout ailleurs, dans les eaux peu profondes, elles se fixent sur les cailloux et se développent en récifs dans les rivières et rias.

Ces huîtres sauvages font le bonheur des pêcheurs à pied qui sont de plus en plus nombreux à les consommer. De la même origine que les huîtres travaillées par les professionnels, elles offrent un tout autre aspect. Les professionnels renversent régulièrement les sacs pour casser la pousse et obtenir des coquilles lisses et régulières. Les sauvages sont bien plus accidentés et offrent davantage de résistance à l’ouverture avec un muscle plus fort, puisqu’elles doivent se refermer plus souvent sous l’action répétée du soleil et de l’air. La ponte ayant lieu durant l’été, la laitance la rend peu comestible entre mai et septembre, et parfois encore plus tard, lorsque l’eau n’a pas assez chauffé. Si elle n’a pas libéré sa laitance aux beaux jours, l’huître va progressivement l’éliminer jusqu’en décembre. L’huître sauvage se consomme donc idéalement en début d’année et jusqu’en mai.

« Il faut compter environ six années pour obtenir une huître adulte capable de délivrer 50 millions de larves par été, deux étés sur trois », explique Stéphane Pouvreau.
Peu de survivantes.

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